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L’ENGAGEMENT – Interview de Baptiste Fabry

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Il s’engage pour la jeunesse de sa commune, découvrez l’engagement de Baptiste Fabry, engagé au conseil municipal de Bussy-Saint-Georges. Nous l’avons interviewé pour comprendre ses missions quotidiennes.

1 – Peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Baptiste Fabry, j’ai 21 ans j’habite à Bussy-Saint-Georges, je suis étudiant en droit à Assas et Conseiller Municipal délégué à la jeunesse. J’aime faire du skate, je pratique différents sports de combat, je suis passionné de culture geek et dès que j’en ai l’occasion j’aime parcourir le monde.

2- Pour toi, qu’est-ce que c’est l’engagement ?

L’engagement c’est dépasser ses propres intérêts pour investir son temps et son énergie dans une plus grande cause qui nous tient à cœur. 

Je pense que l’engagement est quelque chose qui s’apprend, qui se découvre. 

Rarement quelqu’un se réveille et décide de défendre une grande cause. C’est plutôt un apprentissage. Ça commence par de petites choses comme devenir délégué de classe ou aider son club de sport à organiser un concours. Et de fil en aiguille, on se lance dans d’autres projets comme aider à organiser la TechnoParade ou rédiger une plaidoirie pour le Mémorial de Caen et quelques années plus tard, on s’engage dans une campagne électorale. 

C’est comme ça que j’ai vécu l’engagement et lorsque j’incite les jeunes de ma ville à s’engager, je vois qu’ils poursuivent le même dessein : ils veulent organiser un petit événement, puis un plus gros, puis ils créent leur association, puis créent des actions de prévention et aujourd’hui ils travaillent main dans la main, avec la mairie pour réaliser des projets de plus grande envergure. 

L’engagement implique beaucoup de plaisir mais aussi de concessions sur sa vie personnelle. Car quand on s’engage pour une association, un mouvement, un parti… c’est autant de temps que l’on ne consacre pas à sa vie personnelle. 

3 – Peux-tu nous parler de ton engagement ? 

Depuis tout petit, je vis à Bussy-Saint-Georges, c’est une ville dans la périphérie de Disney, très agréable mais où la gestion de la commune a été si désastreuse que nous sommes devenus la deuxième ville la plus endettée de France avec des impôts locaux qui ont été multiplié par deux. Cette augmentation affectant considérablement nos finances, très jeune, j’ai réalisé que les décisions prisent en mairie touchaient directement mon quotidien. Alors dès 18 ans, j’ai souhaité m’engager pour faire élire un candidat qui saurait résoudre les problèmes de la ville. L’équipe a beaucoup apprécié mon énergie et mon engagement et m’a alors positionné sur la liste en éligible. Et lors des élections, je suis devenu conseiller municipal ! Le plus jeune élu du pays !

En tant que benjamin de l’équipe on m’a naturellement donné la délégation de la jeunesse dans laquelle j’ai su y mener une politique jeunesse inédite et efficace dont je détaillerais l’action ultérieurement. 

J’ai aussi été nommé à des commissions comme la commission finance pour travailler sur le budget de la ville, la commission numérique pour accompagner la digitalisation de la ville ou au comité technique pour rencontrer avec le maire, les syndicats du personnel. 

J’ai garanti le droit de vote en siégeant dans les bureaux de votes. J’ai même été président du bureau de vote, j’étais alors investi des pouvoirs militaires.

J’ai aussi reçu la délégation du maire pour officialiser un mariage, moment fort en émotion.

Et bien sûr, je siège au Conseil Municipal pour voter les différents textes liés au bon déroulement de la vie municipale. 

4- Qu’est-ce que ça t’apporte de faire ça ?

Tout cet investissement m’apporte déjà beaucoup de bonheur car cette mission est vraiment très intéressante et enrichissante. J’apprends beaucoup auprès de mes collègues élus, auprès des employés municipaux et auprès des milliers des personnes que j’ai l’occasion de rencontrer dans mes diverses missions : habitants, membres d’associations, représentants de cultes, d’entreprises, élus… 

Cette mission m’apporte aussi beaucoup d’expérience et de maturité car dans le cadre de mes missions, je me suis trouvé responsable d’un service de 5 personnes à 20 ans. 

Je pense que voir cet élément sur un CV est toujours une chose positive pour un employeur, ça peut donc aider pour chercher un stage ou un job. Souvent, on reproche aux jeunes de manquer d’expérience, en tant que jeune élu, on n’en manque pas. 

Forcément, cette expérience nous fait grandir. Elle nous donne un autre regard sur les choses du quotidien et on comprend que ce n’est pas notre âge qui nous rend meilleur ou moins bon que d’autres. Avant, j’aurais été susceptible d’être intimidé face à un collègue qui aurait 3 fois mon âge. Aujourd’hui, après avoir travaillé d’égal à égal avec un maire de 50 ans et d’avoir donné des directives/ordres à des personnes bien plus âgées que moi, le rapport de force que certaines personnes plus expérimentées pouvaient exercer est totalement effacé. 

5- En tant que délégué en matière de jeunesse, qu’est-ce que tu as pu proposer ou mettre en oeuvre depuis ton investissement ?

En tant que délégué en matière de jeunesse, j’ai voulu créer une politique jeunesse à l’image d’elle-même.

Alors, en tant que passionné de démocratie participative, j’ai passé les premiers mois de mon mandat a arpenter la ville, ses collèges, ses lycées, les structures qui leurs étaient consacrées, les intervenants travaillant sur la question, les représentants d’élèves… le tout pour recueillir les idées, les besoins, les problèmes et en établir un projet municipal de la jeunesse avec comme objectif de donner à la jeunesse la place qu’elle mérite en faisant une priorité.

En premier lieu, pour remettre les jeunes en avant, et pour améliorer leur image, nous avons crée une rubrique « Nos jeunes ont du talent » dans le journal local où chaque édition réserve une page à l’un de nos jeunes ! Nous avons ainsi pu mettre en avant un champion mondial de karaté artistique ou un maître sushi collaborant avec des gagnants de Top Chef et Tibo Inshape…

Constant que les jeunes ont beaucoup de difficulté pour l’orientation professionnelle, scolaire mais aussi d’information générale sur tous les dispositifs départementaux, régionaux, nationaux et européens dont ils peuvent bénéficier, nous avons crée une structure d’information jeunesse pour accompagner les jeunes dans toutes leurs problématiques. S’ils veulent se réorienter, avoir des conseils en matière de santé, d’aide pour créer un CV, pour se reloger, en cas de harcèlement, les jeunes ont aujourd’hui une porte qui leur est ouverte.

Nous avons aussi voulu que la ville soit aux côtés des jeunes en les aidant dans les différentes étapes de leur vie de jeune. C’est pour cela que nous avons choisi de financer le BAFA, la formation aux premiers secours, le permis de conduire et nous proposons aussi des avantages financiers pour réviser au CoWork de Bussy. 

Pour réintégrer les jeunes dans la vie de la municipalité, nous ouvrons la mairie aux services civiques (des jeunes qui travaillent 6 mois dans un service de la collectivité pour découvrir le fonctionnement d’une collectivité…) et les jeunes qui souhaitent financier leur permis de conduire peuvent venir travailler 1 semaine ou 2 dans la mairie pour qu’on finance en contre partie leur permis. Ils vivent une expérience citoyenne tout en finançant leur permis : du gagnant-gagnant !

Face à la désertification de l’espace jeune de la ville, j’ai demandé la réorganisation totale de la structure avec un renouvellement de la programmation, de la cible, des animations, de l’équipe… et aujourd’hui, l’espace jeune renommé Club Ado a vu sa fréquentation être multipliée par 10.

Et, quant à mon plus grand projet : nous avons créé des commissions d’écoute pour les jeunes, une commission écoute collégien pour les collégiens et une commission écoute jeunesse pour les 16 – 25 ans. Contrairement au Conseil Municipal des Jeunes qui exige une élection, des contraintes… et qui attire finalement uniquement ceux qui sont déjà délégués de leur classe, j’ai voulu créer un espace de libre expression ouvert à tous les jeunes de la ville pour les consulter et recréer le lien entre la mairie et les jeunes. De plus, grâce à un budget autonome, nous accompagnons les jeunes dans leurs projets et pouvons leur accorder une enveloppe financière selon un barème.

Ainsi, nous avons aidé à la création d’une association de skateboard qui crée des événements, une communauté de BMX se créer, nous aidons la MDL du lycée dans l’organisation et le développement de nouveaux événements, intégrons des jeunes artistes à nos événements et aidons les associations humanitaires à récolter des fonds lors des événements…

Finalement nous avons accordé à la jeunesse, la place qu’elle mérite.

6- Si tu avais quelque chose à transmettre au plus grand nombre de personnes, ce serait quoi ?

Si je pouvais transmettre quelque chose au plus grand nombre de personnes, c’est : n’hésitez pas ! Tentez tout ce qui vous tente. Dès que l’on sort de chez soi, on apprend et si on échoue aujourd’hui, on réussira demain. 

Il n’est pas nécessaire d’être âgé, d’être issu d’une grande famille, d’avoir des diplômes ou de l’expérience pour s’engager, l’envie suffit. 

Souvent, quand les gens me voient élu aussi jeune, ils pensent que mes parents connaissent du monde, qu’ils sont avocats ou que je suis le fils du maire. Sauf que mes parents sont coiffeurs, que personne ne fait de politique dans ma famille et j’ai quand même réussi à me lancer car j’ai osé proposer mon aide.

Et si vous avez besoin de quelques conseils, je suis là pour ça ! Je suis justement entrain de créer une chaine YouTube pour aider les jeunes à se lancer en politique. 

Merci à Baptiste d’avoir accepté de répondre à mes questions.

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