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Vincent Lambert est mort, à l’âge de 42 ans.

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La fin d’une affaire qui n’a connu de précédents en France. Une famille entière s’est déchirée à travers cette affaire politico-juridique très médiatisée, qui a touché la population française et relancé le débat sur l’euthanasie. Onze années après son accident de route le rendant dans un état végétatif, Vincent Lambert est décédé ce jeudi 11 juillet à 8 heures 24, quelques jours après l’arrêt des soins, qui cette fois-ci, n’a pas été combattu par sa mère, Viviane Lambert.

L’aspect juridique de ce triste feuilleton est hors-normes : de très nombreuses décisions provenant de diverses institutions juridiques nationales voire internationales ont été rendues ces onze dernières années : d’abord de la part du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne, qui ordonna la reprise de l’alimentation et de l’hydratation en mai 2013, puis le Conseil d’État (saisi en 2014 par Rachel Lambert), la Cour européeenne des droits de l’homme (qui ordonne un certain temps la suspension du jugement du Conseil d’État avant d’annoncer que l’arrêt des soins ne viole pas l’article 2 du CEDH)… La Cour d’appel de Reims estime en 2016 que Rachel Lambert est la tutrice de Vincent Lambert, ce qui est confirmé par la Cour de cassation, saisie par les parents. Le 31 janvier 2019, le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne valide l’arrêt des soins mais les parents saissisent le Conseil d’État. Ce dernier, 3 mois plus tard, considère cette décision justifiée. La CEDH rejette le 30 avril 2019 un nouveau recours des parents, tout comme le tribunal administratif de Paris et encore une fois la CEDH. Mais coup de théatre, alors que l’arrêt des soins était prévu le 20 mai, la Cour d’appel de Paris ordonne la reprise des soins. Quelques jours après, le gouvernement ordonne par pourvoi en cassation la reprise des traitements. Enfin, le 3 juillet, un nouveau recours des parents est rejeté par le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne. Ces derniers se “résignent” à la mort de Vincent Lambert, qu’ils qualifient d'”inéluctable” le 8 juillet, trois jours précédant le décès de leur fils.

On ne peut nier aussi le caractère politique du feuilleton Lambert : le 19 janvier 2017, François Hollande alors en fonction présidentielle, souhaitait “une solution humaine et digne“. Quelques heures après le décès, le 11 juillet 2019, il appelle les français à rédiger “des directives anticipées“. Sur Facebook, Emmanuel Macron déclarait en mai n’être pas en mesure de “suspendre une décision […] en conformité avec nos lois“. Après le décès, de nombreuses personnalités politiques ont réagi, à l’instar d’Olivier Faure (PS) qui qualifie V. Lambert de “symbole“; Bruno Retaillau (LR) qualifie de “drame” une société “qui se complait dans l’étalage d’une tragédie qui devrait relever de l’intime“. Aussi, Nicolas Bay (RN) évoque la décision d’arrêt des soins comme “une dérive extrêmement dangereuse“. Le Pape Francois II a lui aussi commenté ce décès, en faisant savoir que “chaque vie a de la valeur“.

Ainsi se termine le “long calvaire” de Vincent Lambert (selon les dires de Jean-Luc Romero), ou presque. La bataille judiciaire ne connaît pas de répit : les parents ont déposé plainte pour “tentative d’homicide volontaire”.

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